Pourriez-vous, 
Docteur,
m’expliquer
comment faire
pour accueillir
la colère 
de quelqu’un?

...le travail étant 
en fait inclus 
dans notre vie, 
nous y projetons 
nos maladresses 
qui deviennent 
des agressions 
envers nous-même 
ou envers les autres,
et nous recevons 
des agressions 
par les maladresses 
des autres...

Eduquer un être humain, c’est l’aider à: 
– devenir autonome dans la gestion de son estime personnelle,
– percevoir sa zone de quiétude intérieure inébranlable (la sérénité spirituelle),
– comprendre comment communiquer avec les autres de manière constructive et bienveillante (à partir de cette zone de quiétude), en même temps, l’aider à:
– acquérir les capacités d’exploiter son environnement à son profit sans que cela ne se fasse au détriment d’autrui ou de la Nature.

Energies de vie

Énergies de Vie

“ALLO, DOCTEUR, ça ne va pas.”

Laurent DELACHERY exerce depuis dix ans

la médecine de ville, l’ostéopathie, la nutrition

et pratique l’autonomisation psychologique.

Dix ans d’énergie bienveillante investie

dans l’aide de l’humain,

souvent pour accompagner la personne

sur son propre chemin, parfois pour l’aider

à sortir d’une impasse…

Laurent Delachery

Secrétariat:

sophie.delacherie@gmail.com

Tél. +33 03 86 52 56 43

A

llo, Docteur , ça ne va pas.

Voulez-vous que je vous aide?

Oui.

Au téléphone, c’est Elodie (prénom d’emprunt). Elle

m’appelle au cabinet en milieu d’après-midi (je la soutiens

pour régler son problème de poids et je lui avais suggéré

de le faire en cas de nécessité). Je cerne rapidement la

raison de son appel et son besoin d’écoute. Elle accepte

de reporter l’entretien téléphonique en fin de journée. A

l’heure convenue, je la rappelle et l’informe de ma nécessité

d’un délai supplémentaire pour terminer les consultations.

Enfin, disponible intérieurement et dans un environnement

calme, le lien vocal est créé.

«C’est à mon travail. Je panique et je fais des gaffes. Je

n’arrive pas à me concentrer. Je perds l’usage de mes

compétences. Je suis en période d’essai et un manager me

crie dessus.»

Elodie est secrétaire commerciale, récemment employée

sur ce poste. Cependant, elle est déjà riche d’un parcours

professionnel varié et formateur.

Dans son récit, j’observe ses émotions et ce qu’elle me

décrit du comportement de cet homme. Au sein de ses

phrases, j’identifie des éléments neutres, simplement

descriptifs, sans aucune notion d’interprétation. A partir

d’eux, je m’autorise à me faire une représentation partielle

de ce qu’elle vit.

A sa dernière colère, le manager l’accusait d’avoir mal rangé

un dossier en cours. Elle n’avait pas à le ranger et il ne le

retrouve pas dans le classement. Elodie, gorgée d’émotions

internes et bloquée par elles, regarde, coite, le dossier en

question : il est là sur son bureau, disponible. En effet, elle

avait pris soin de le mettre à jour la veille au soir pour la

réunion hebdomadaire de l’équipe, comme cela lui a été

demandé à son embauche.

Accueillir la colère…

Elodie souffre. Chez elle, elle ne contrôle plus ses apports

alimentaires et perd le sommeil.

Elle se renseigne dans le service et se plaint à la direction.

Tout le monde lui confirme l’ancienneté des manifestations

verbales de ce monsieur et son caractère irascible. Il reste

insaisissable car il tourne systématiquement les talons une

fois ses esclandres jetés, laissant la personne agressée sans

aucun moyen de lui répondre, même si elle en avait eu

encore l’énergie.

«Comment vous sentez-vous?

– J’ai peur. Je perds mes moyens. Je sais que je suis

compétente mais je n’arrive à rien.»

Elodie a de l’estime pour elle-même et elle a bien raison. Dans

sa situation, elle a la chance de s’appuyer sur ses expériences

professionnelles antérieures. Des réussites! Elle a toujours

assumé ses fonctions à la satisfaction de ses employeurs.

Elle est certaine de ses qualités professionnelles.

«L’intensité de votre peur?

– 9/10

– De quoi avez-vous peur?

– De perdre ce poste. Et bêtement en plus.

– Accepteriez-vous que nous explorions cette peur?

– Si vous le jugez utile, oui.

– De quoi avez vous peur en perdant ce poste?

– De ne plus subvenir à mes besoins, je suis seule.

– Et alors?

– De me retrouver à la rue... (Silence)... et de ne pas avoir la

force de rebondir.»

La plus grosse peur d’Elodie n’est pas le fait d’une situation

matérielle difficile mais de perdre tout moral, toute énergie,

tout espoir. Je lui reformule ses propos en utilisant le

même vocabulaire qu’elle et elle me confirme ma bonne

compréhension de ses pensées.

«A quelle probabilité estimez-vous la possibilité que cela

survienne?

Pourriez-vous,

Docteur,

m’expliquer

comment faire

pour accueillir

la colère

de quelqu’un?

14

La REVUE de l’U.L.V. www.universite-libre-des-valeurs.com

MEDI@ME N°5 Juillet-Août 2013

– Moins de 1%

– Admettez-vous qu’il y a 99% de chance que cela

se passe autrement?

– Oui»

– Quelles solutions seront donc apparues?

...et elle me fait tout une liste, recontactant ainsi

avec un fort degré de sécurité.

«Quelle probabilité qu’il n’y ait donc aucune

solution?

– 0

– Comment évaluez-vous votre peur maintenant?

– 4/10

– Comment vous sentez-vous?

– Mieux, mon cerveau s’éclaircit et je me sens

plus confiante.»

Nous célébrons ce bénéfice et révisons les étapes

successives du raisonnement que nous avons

partagé. Je lui suggère de noter les éléments clés

qui la soulagent le plus, pour prolonger le profit

de notre entretien sur les heures et les jours à

venir.

L’Elodie d’avant cette conversation, face aux

agressions de son supérieur, se visualisait

instantanément dans la rue, abattue, incapable

de rebondir. On peut comprendre son absence de

réaction à cet instant, face à lui, par l’importance

de la peur intérieure ressentie. Cela explique ses

blocages de réponse. En ajoutant le fait que cet

homme tourne de suite les talons pour disparaitre

après ses attaques, l’impuissance est totale.

En prenant de ses nouvelles le lendemain, Elodie

me confirme avoir mieux dormi et je constate à

son débit vocal et à son timbre de voix qu’elle

reconnecte avec un certain niveau de quiétude,

cependant encore fragile. Mais, Elodie a changé.

Je le comprends en recevant cette question:

«Pourriez-vous, Docteur, m’expliquer comment

faire pour accueillir la colère de quelqu’un?».

Créer des liens pour exister

Cette réflexion met en évidence le nouveau

positionnement mental d’Elodie. Elle ne se définit

plus soi-même à partir des critiques de l’autre,

mais observe l’autre dans son comportement. Elle

arrête d’élever son niveau de perfectionnisme qui

servait à rattraper une culpabilité artificiellement

créée par ce personnage violent. Maintenant, elle

est capable de regarder le comportement de celui

qui l’agresse. Elle rend à César ce qui appartient à

César. Elle protège mieux son intériorité.

Je termine l’entretien ainsi: «Je suis rassuré

de vous voir contacter une vision clarifiée des

mécanismes de gestion de votre vie et si vous

l’acceptez, nous aborderons cela pleinement à

notre prochain RDV.»

De quoi Elodie souffre-t-elle? Elle souffre de

la violence d’un individu et d’une intériorité

personnelle perméable. Comme tout un chacun,

Elodie offre sur son lieu de travail une globalité. Elle

offre d’une part ses compétences professionnelles

et en même temps les qualités permanentes

de sa personne (sourire, dynamisme, écoute,

émotions, …). Elle s’offre entière, certainement

sans en avoir une perception éclairée. Elle

n’est pas l’un (le professionnel) avec l’autre (le

personnel) selon une alternance horaire dans la

journée (le professionnel au travail et le personnel

à la maison). Elle est un tout. Résultat, quand

la secrétaire est agressée, la part intime d’Elodie

reçoit aussi l’agression. Et cela interagit avec

son histoire familiale et sa propre construction

de personnalité basée justement sur son vécu

familial.

L’erreur est douloureuse quand nous faisons

de notre histoire familiale notre seule histoire

personnelle, sans comprendre les traumatismes

qu’elle nous a légués, les enseignements sains

qu’elle nous a transmis, et les compétences

qu’elle a omis de nous transmettre.

Conséquence: la quiétude interne, qui mériterait

d’être construite et étanchéifiée, est ébranlée et

le système émotionnel fortement perturbé.

Les heures de travail sont des heures de notre

vie. Nous venons de comprendre que nous

vivons professionnellement à partir de notre

personnalité. Cette personnalité possède des

compétences à entretenir et des incompétences

à identifier pour les combler.

Pendant la discussion avec Elodie, j’ai pu

discerner un besoin d’apprendre de nouvelles

habiletés de vie. J’ai identifié la nécessité de

réaliser l’exploration de sa peur afin qu’elle

récupère de la sérénité. Il est prévu de revenir

sur ce point en consultation pour clarifier l’outil

conceptuel que cela représente. J’ai comme

stratégie secondaire de lui faire développer des

capacités de communication non violente envers

elle-même et envers l’autre. Certes, Elodie reçoit

une agression, mais elle souffre en même temps

de son manque de compétence à la gérer. Elle a

donc besoin d’éducation et de nouveau outils.

Le médecin du travail: un médiateur

Voilà qui me permet d’appuyer la réflexion que je

veux développer: la souffrance au travail est un

symptôme, une plainte. Décrire ce que l’on vit,

en identifier les conséquences, trouver des mots

pour mieux préciser et classifier tout ce que l’on

observe est fondamental pour s’alerter soi-même

et alerter les autres, mais peut laisser aussi

se développer une passivité observationnelle

toxique. Il est certes utile d’avoir des mots pour se

plaindre, mais construisons-nous une démarche

résolutive en se limitant à cet exercice? Non.

Exemple de définition observationnelle médicale

de la souffrance au travail: «La souffrance au

travail peut aller du simple malaise (remise en

question de son orientation professionnelle) à la

mise en danger de sa santé morale (harcèlement).

Face à cela, le médecin du travail joue le rôle

de médiateur entre l’entreprise et le salarié. Il

peut, à la demande du salarié, et si la situation le

justifie, établir un arrêt de travail.»

C’est comme dire: «J’ai le pneu avant droit qui

s’use sur ma voiture. Il faut que je le change», et

oublier d’en décrire la cause: «C’est un défaut de

parallélisme».

A mes yeux donc, il est préférable de décrire

les causes, d’énoncer les faits par des éléments

décrivant l’origine des troubles.

Un autre exemple: «Un chef me harcèle, il me

dévalorise, je n’en dors plus, je me sens mal

à mon poste» devient: «A six reprises sur ces

derniers quinze jours, le chef du second service

comptable m’a dit «Un escargot déshydraté

avancerait plus vite que vous, je n’ai pas choisi de

vous avoir comme secrétaire, vous êtes mollasse,

quand allez-vous bouger? Faut-il que je vous

dé-mollasse?» car il exige que je lui fournisse

les tableaux d’amortissement que ma collègue,

actuellement en congé maternité, n’avait pas eu le

temps d’élaborer. Or, je suis toujours confrontée à

la charge de travail de mon service, et je consacre

l’intégralité de mon temps restant à la découverte

des dossiers de ma collègue. Ces tableaux lui

sont nécessaires pour la clôture de l’exercice

comptable dans deux mois. J’estime pouvoir les

produire dans un délai de deux à trois semaines.

Ce chef, ne connaissant pas mon sérieux et ma

capacité de travail, est probablement inquiet, il

pense qu’en les exigeant il les obtiendra plus vite.

Il se sentira alors en sécurité.»

Mais aujourd’hui la communication qu’il mène

avec moi comporte de sa part des exigences

irréalistes et improductives. A notre prochain

entretien, je pourrai lui témoigner deux choses:

d’une part ma compréhension de sa nécessité

et de sa crainte, et d’autre part mon besoin de

sérénité et de confiance pour être performante.

Accueillir et nommer avec bienveillance sa

vulnérabilité me permettront de créer du lien

entre nous ce qui favorisera de sa part l’écoute

de mes besoins. Nous pourrons alors développer

une stratégie commune.»

Commentaire: Évidemment, c’est très idyllique

comme propos, mais pas irréaliste ni irréalisable.

Professionnellement, on serait en droit d’attendre

cela du manager plus que de l’employée.

Idéalement, des deux. Certains chefs d’entreprise

ont réalisé ce challenge. Ils ont ouvert leur

conscience et ont compris que l’homme n’est pas

une ressource mais une finalité. Des formations

de Communication Non-Violente ont été suivies

par le personnel et la hiérarchie, aboutissant à un

épanouissement de tous.

Identifier l’agression…

La souffrance au travail est une réalité, mais

toute souffrance provient d’une agression. Je

raisonnerai dès lors à partir de cette nouvelle

vision: l’agression au travail.

Selon ma classification personnelle, l’agression au

travail provient de trois domaines qui peuvent se

cumuler et interagir entre eux par la voie de leurs

Énergies de Vie

15

conséquences: domaine physique, domaine physiologique,

domaine psychologique.

J’entends par causes physiques d’agression: les charges

matérielles manipulées (le poids), la sédentarité, l’ergonomie

défaillante, la cadence de travail excessive, les objets

contendants, l’exposition au froid, à la chaleur, à l’humidité,

à la sécheresse, au vent, aux radiations, aux rayonnements

lumineux, au bruit, aux allergènes, aux bactéries, aux virus,

aux parasites, aux champignons, aux toxiques. Tous ces

éléments agissent sur notre corps, directement, d’autant

plus qu’il est inadapté à ces fonctions professionnelles

(constitution insuffisante ou corps mal entretenu).

J’entends par causes physiologiques d’agression: les

amplitudes horaires (longues), les décalages horaires

(travail constant de nuit), les variations d’horaires (les

trois huit), les rythmes alimentaires bouleversés (sources

d’hypoglycémies avec leur cortège secondaire de troubles

d’humeur ou de concentration et de troubles physiques), les

erreurs alimentaires (excès et insuffisances), les carences

en micronutriments, le manque de sommeil, l’excès de

repos, le manque de luminosité, le tabac, l’alcool, les autres

drogues ou dépendances.

J’entends par causes psychologiques d’agression: le

manque de sens ou d’utilité du travail, les harcèlements

moraux ou sexuels, le manque de valorisation, le manque

de reconnaissance verbale ou pécuniaire, le manque de

communication de qualité, le manque de capacité à gérer

sa motivation ou ses émotions ou son estime personnelle,

le manque de capacité à communiquer de manière

constructive.

Pour en traiter les conséquences

Ces diverses causes s’entremêlent. Un manque de

sommeil peut créer une compensation alimentaire sucrée

qui provoque dans les deux heures une hypoglycémie

réactionnelle qui ensuite diminue la tolérance au stress et

laisse émerger une agressivité, orientant vers de mauvais

choix alimentaires et perturbant le sommeil. La boucle

est bouclée. Et la qualité de ce que j’offre au travail est

faussée.

Donc, on peut soi-même se mettre en mauvaise condition

physique, physiologique ou psychologique pour travailler.

Nos collègues ou supérieurs peuvent faire les mêmes erreurs.

L’effet miroir fonctionne alors en amplificateur. Quel que

soit le point de départ, moi ou le/les autres, les réactions

maladroites se succèdent. Un cumul d’incompétences crée

rarement la vertu, plus facilement la médiocrité.

Petit mode d’emploi de la vie

Pour Christophe Dejours «Les stratégies collectives de

défenses contribuent de façon décisive à la cohésion

du collectif de travail, car travailler n’est pas seulement

avoir une activité c’est aussi vivre: vivre le rapport à la

contrainte, vivre ensemble, affronter la résistance au réel,

construire ensemble le sens du travail, de la situation et de

la souffrance».

L’origine de tout cela est encore antérieure: c’est le manque

d’éducation à vivre.

Le système d’éducation nationale est défaillant

actuellement. Les familles le sont parfois aussi. Les médias

le sont pleinement.

A mes yeux, l’éducation d’un être humain (d’un enfant par

des adultes, d’un adulte par d’autres adultes ou par lui-

même) se définit ainsi:

Eduquer un être humain, c’est l’aider à:

– devenir autonome dans la gestion de son estime

personnelle,

– percevoir sa zone de quiétude émotionnelle intérieure

inébranlable (la sérénité spirituelle),

– comprendre comment communiquer avec les autres de

manière constructive et bienveillante (à partir de cette zone

de quiétude),

– connaître ses besoins nutritionnels et corporels

et en même temps, l’aider à:

– acquérir les capacités d’exploiter son environnement à son

profit sans que cela ne se face au détriment d’autrui ou de

la Nature.

L’éducation nationale enseigne et n’éduque pas. Elle

enseigne des matières souvent stériles et provenant d’une

perception archaïque de l’existence humaine à travers notre

historique, sans laisser de place à un futur. Le passé est le

chemin de l’expérience. Nos erreurs nous indiquent d’agir

autrement. Cet autrement, à nous de l’imaginer. C’est pour

cela que notre origine est notre futur.

Ainsi, voici une liste de compétences contenues dans ce que

je considère être «le petit mode d’emploi de la vie»:

Compétences physiques: assouplissements, activité cardio-

pulmonaire d’endurance, activité pour développer la

tonicité des muscles posturaux et des muscles moteurs,

hygiène corporelle, ergonomie fonctionnelle

Compétences physiologiques: suppression des irritants

(agents infectieux, allergisants, rayonnements (son,

lumière, radiation), équilibre alimentaire (le bon aliment,

en bonne quantité, au bon moment et de bonne humeur),

entretient du système immunitaire, régularité des horaires

de vie, bonne gestion du repos et du sommeil, utilisation

de la luminothérapie, comblement des carences micro

nutritionnelles (Fer, Vitamine D, Iode, Magnésium, Acides

Gras Essentiels, Acides Aminés Essentiels, ...).

Compétences psychologiques: connaissance et pratique de

la gestion de la motivation et de la gestion des émotions

et de la gestion de l’estime personnelle, compréhension

de l’origine des blocages dans l’enfance et connaissance

des étapes pour s’en libérer, connaissance et pratique de la

communication autour des sentiments et des besoins (avec

les autres, en couple et avec soi -même), connaissance et

pratique des cinq langages de l’amour, perception de la

sérénité par la libération du conditionnement négatif des

acteurs médiatiques.

Il est évidemment nécessaire d’associer à ces compétences

personnelles des compétences techniques professionnelles

spécifiques. Ainsi, on pourra exercer son métier en pleine

conscience, en tant qu’individu fonctionnel en rapport avec

des individus eux aussi fonctionnels, en communion autour

d’une activité productive, créatrice pour le genre humain.

Je suis ce que je pense

En résumé, le travail étant en fait inclus dans notre vie,

Énergies de Vie

...le travail étant

en fait inclus

dans notre vie,

nous y projetons

nos maladresses

qui deviennent

des agressions

envers nous-même

ou envers les autres,

et nous recevons

des agressions

par les maladresses

des autres...

16

La REVUE de l’U.L.V. www.universite-libre-des-valeurs.com

MEDI@ME N°5 Juillet-Août 2013

nous y projetons nos maladresses qui deviennent des

agressions envers nous-même ou envers les autres, et

nous recevons des agressions par les maladresses des

autres. Nous souffrons de nos incompétences à vivre sur

le plan personnel (physiquement, physiologiquement,

psychiquement) et nous y subissons les incompétences des

autres à vivre leur personnalité, et aussi l’effet miroir de nos

incompétences que nous exerçons sur eux.

On ne vit pas ce que l’on fait, on vit la manière dont on

le fait. On le fait en fonction de ce que l’on est. Je suis

ce que je pense! Penser, dans sa forme de raisonnement

philosophique et spirituel, me fait «être». «Etre» a des

besoins. Il est fondamental de déterminer ce que l’on veut

«avoir» (en restant vigilant au contentement de ce que l’on

a déjà et en quoi le nouveau participera à notre bonheur).

Puis de «faire» pour l’obtenir. Donc, en partant de la qualité

d’ «être», on peut définir quoi «avoir» et quoi «faire» pour

l’obtenir, dans le contentement et la qualité de vie.

Le malheur provient du ressenti de la frustration de

possession. On regarde le vide de ce que l’on n’a pas et on

fait pour «avoir» en oubliant l’utilité à l’«être». Alors c’est

«avoir» qui détermine ce que nous sommes et qui nous

fait paraître (=«pas être»). Nos pensées (philosophiques

ou spirituelles), devenues inutiles par l’éloignement de nos

préoccupations et par l’oubli, nous déshabitent. Ainsi, on

appauvrit l’esprit. Et on souffre. La souffrance de vie se

retrouve alors au travail.

Pour aider quelqu’un en souffrance, nul besoin d’écouter

l’intégralité de son discours. Son besoin d’expression est

chronophage et une vidange totale est improductive. Il

peut en ressentir un soulagement réel et cela s’impose

souvent en première étape d’écoute. Mais il reste dans son

manque d’habileté à se comprendre et à se soulager. En

décryptant le récit, on repère les outils dont la personne a

besoin pour avancer. Et à la première opportunité, après

avoir validé son autorisation, on lui enseigne. J’appelle cela:

partir du factuel pour monter au niveau éducatif conceptuel,

puis redescendre analyser le factuel grâce au nouvel outil.

Le factuel est mal vécu par manque de connaissance

conceptuelle. De suite, le soulagement se produit.

Pour finir, j’observe que le pire dans la souffrance, c’est de

l’évaluer en terme d’injustice. En psychologie, l’injustice

se définit comme un mécanisme mental d’interprétation

empêchant le processus de résolution personnel. La

justesse des habiletés remplace favorablement l’évaluation

prenant forme d’injustice.

Apportons-nous plus de douceur, ne serait-ce que pour

montrer l’exemple. Identifions nos manques et mettons en

oeuvre les compétences personnelles et relationnelles en

pleine conscience de nos responsabilités. C’est un chemin

de bonheur.

Énergies de Vie

Eduquer un être humain, c’est l’aider à:

– devenir autonome dans la gestion de son estime

personnelle,

– percevoir sa zone de quiétude intérieure inébranlable

(la sérénité spirituelle),

– comprendre comment communiquer avec les autres de

manière constructive et bienveillante (à partir de cette

zone de quiétude),

en même temps, l’aider à:

– acquérir les capacités d’exploiter son environnement

à son profit sans que cela ne se fasse au détriment

d’autrui ou de la Nature.

Bibliographie:

Le Sens du bonheur, Jiddu Krishnamurti

Editeur: Stock – Parution: 4 Janvier 2006

De l’éducation, Jiddu Krishnamurti

(11 mai 2011)

Elever nos enfants avec bienveillance, L’approche de

la communication non violente

Marshall B. Rosenberg

Paru en 08/2007 – Editions Jouvence

La communication non-violente au quotidien

Marshall Rosenberg

Editions Jouvence

Maigrir avec la Nutrition Comportementale

éditions Thierry Souccar

Les 5 langages de l’amour, Gary Chapman

Editions Leduc


Laurent DELACHERYÉnergies de Vie 
“ALLO, DOCTEUR, ça ne va pas.”

Laurent DELACHERY exerce depuis dix ans la médecine de ville, l’ostéopathie, la nutrition 
et pratique l’autonomisation psychologique. 
Dix ans d’énergie bienveillante investie dans l’aide de l’humain, 
souvent pour accompagner la personne sur son propre chemin, parfois pour l’aider à sortir d’une impasse…

Laurent Delachery
Secrétariat:
sophie.delacherie@gmail.com
Tél. +33 03 86 52 56 43

Allo, Docteur , ça ne va pas.
Voulez-vous que je vous aide?
Oui.

Au téléphone, c’est Elodie (prénom d’emprunt). Elle m’appelle au cabinet en milieu d’après-midi (je la soutiens pour régler son problème de poids et je lui avais suggéré de le faire en cas de nécessité). Je cerne rapidement la raison de son appel et son besoin d’écoute. Elle accepte de reporter l’entretien téléphonique en fin de journée. A l’heure convenue, je la rappelle et l’informe de ma nécessité d’un délai supplémentaire pour terminer les consultations. Enfin, disponible intérieurement et dans un environnement calme, le lien vocal est créé.

«C’est à mon travail. Je panique et je fais des gaffes. Je n’arrive pas à me concentrer. Je perds l’usage de mes compétences. Je suis en période d’essai et un manager me crie dessus.»

Elodie est secrétaire commerciale, récemment employée sur ce poste. Cependant, elle est déjà riche d’un parcours professionnel varié et formateur.
Dans son récit, j’observe ses émotions et ce qu’elle me décrit du comportement de cet homme. Au sein de ses phrases, j’identifie des éléments neutres, simplement descriptifs, sans aucune notion d’interprétation. A partir d’eux, je m’autorise à me faire une représentation partielle de ce qu’elle vit.
A sa dernière colère, le manager l’accusait d’avoir mal rangé un dossier en cours. Elle n’avait pas à le ranger et il ne le retrouve pas dans le classement. Elodie, gorgée d’émotions internes et bloquée par elles, regarde, coite, le dossier en question : il est là sur son bureau, disponible. En effet, elle avait pris soin de le mettre à jour la veille au soir pour la réunion hebdomadaire de l’équipe, comme cela lui a été demandé à son embauche.

Accueillir la colère…

Elodie souffre. Chez elle, elle ne contrôle plus ses apports alimentaires et perd le sommeil.
Elle se renseigne dans le service et se plaint à la direction. Tout le monde lui confirme l’ancienneté des manifestations verbales de ce monsieur et son caractère irascible. Il reste insaisissable car il tourne systématiquement les talons une fois ses esclandres jetés, laissant la personne agressée sans aucun moyen de lui répondre, même si elle en avait eu encore l’énergie.

«Comment vous sentez-vous?
– J’ai peur. Je perds mes moyens. Je sais que je suis compétente mais je n’arrive à rien.»

Elodie a de l’estime pour elle-même et elle a bien raison. Dans sa situation, elle a la chance de s’appuyer sur ses expériences professionnelles antérieures. Des réussites! Elle a toujours assumé ses fonctions à la satisfaction de ses employeurs. Elle est certaine de ses qualités professionnelles.

«L’intensité de votre peur?
– 9/10
– De quoi avez-vous peur?
– De perdre ce poste. Et bêtement en plus.
– Accepteriez-vous que nous explorions cette peur?
– Si vous le jugez utile, oui.
– De quoi avez vous peur en perdant ce poste?
– De ne plus subvenir à mes besoins, je suis seule.
– Et alors?
– De me retrouver à la rue... (Silence)... et de ne pas avoir la force de rebondir.»

La plus grosse peur d’Elodie n’est pas le fait d’une situation matérielle difficile mais de perdre tout moral, toute énergie, tout espoir. Je lui reformule ses propos en utilisant le même vocabulaire qu’elle et elle me confirme ma bonne compréhension de ses pensées.

«A quelle probabilité estimez-vous la possibilité que cela survienne?


– Moins de 1%
– Admettez-vous qu’il y a 99% de chance que cela se passe autrement?
– Oui»
– Quelles solutions seront donc apparues?

...et elle me fait tout une liste, recontactant ainsi avec un fort degré de sécurité.

«Quelle probabilité qu’il n’y ait donc aucune solution?
– 0
– Comment évaluez-vous votre peur maintenant?
– 4/10
– Comment vous sentez-vous?
– Mieux, mon cerveau s’éclaircit et je me sens plus confiante.»

Nous célébrons ce bénéfice et révisons les étapes successives du raisonnement que nous avons partagé. Je lui suggère de noter les éléments clés qui la soulagent le plus, pour prolonger le profit de notre entretien sur les heures et les jours à venir.
L’Elodie d’avant cette conversation, face aux agressions de son supérieur, se visualisait instantanément dans la rue, abattue, incapable de rebondir. On peut comprendre son absence de réaction à cet instant, face à lui, par l’importance de la peur intérieure ressentie. Cela explique ses blocages de réponse. En ajoutant le fait que cet homme tourne de suite les talons pour disparaitre après ses attaques, l’impuissance est totale.
En prenant de ses nouvelles le lendemain, Elodie me confirme avoir mieux dormi et je constate à son débit vocal et à son timbre de voix qu’elle reconnecte avec un certain niveau de quiétude, cependant encore fragile. Mais, Elodie a changé. Je le comprends en recevant cette question: «Pourriez-vous, Docteur, m’expliquer comment faire pour accueillir la colère de quelqu’un?».

Créer des liens pour exister

Cette réflexion met en évidence le nouveau positionnement mental d’Elodie. Elle ne se définit plus soi-même à partir des critiques de l’autre, mais observe l’autre dans son comportement. Elle arrête d’élever son niveau de perfectionnisme qui servait à rattraper une culpabilité artificiellement créée par ce personnage violent. Maintenant, elle est capable de regarder le comportement de celui qui l’agresse. Elle rend à César ce qui appartient à César. Elle protège mieux son intériorité.
Je termine l’entretien ainsi: «Je suis rassuré de vous voir contacter une vision clarifiée des mécanismes de gestion de votre vie et si vous l’acceptez, nous aborderons cela pleinement à notre prochain RDV.»
De quoi Elodie souffre-t-elle? Elle souffre de la violence d’un individu et d’une intériorité personnelle perméable. Comme tout un chacun, Elodie offre sur son lieu de travail une globalité. Elle offre d’une part ses compétences professionnelles et en même temps les qualités permanentes de sa personne (sourire, dynamisme, écoute, émotions, …). Elle s’offre entière, certainement sans en avoir une perception éclairée. Elle n’est pas l’un (le professionnel) avec l’autre (le personnel) selon une alternance horaire dans la journée (le professionnel au travail et le personnel à la maison). Elle est un tout. Résultat, quand la secrétaire est agressée, la part intime d’Elodie reçoit aussi l’agression. Et cela interagit avec son histoire familiale et sa propre construction de personnalité basée justement sur son vécu familial. 
L’erreur est douloureuse quand nous faisons de notre histoire familiale notre seule histoire personnelle, sans comprendre les traumatismes qu’elle nous a légués, les enseignements sains qu’elle nous a transmis, et les compétences qu’elle a omis de nous transmettre.
Conséquence: la quiétude interne, qui mériterait d’être construite et étanchéifiée, est ébranlée et le système émotionnel fortement perturbé. 
Les heures de travail sont des heures de notre vie. Nous venons de comprendre que nous vivons professionnellement à partir de notre personnalité. Cette personnalité possède des compétences à entretenir et des incompétences à identifier pour les combler. 
Pendant la discussion avec Elodie, j’ai pu discerner un besoin d’apprendre de nouvelles habiletés de vie. J’ai identifié la nécessité de réaliser l’exploration de sa peur afin qu’elle récupère de la sérénité. Il est prévu de revenir sur ce point en consultation pour clarifier l’outil conceptuel que cela représente. J’ai comme stratégie secondaire de lui faire développer des capacités de communication non violente envers elle-même et envers l’autre. Certes, Elodie reçoit une agression, mais elle souffre en même temps de son manque de compétence à la gérer. Elle a donc besoin d’éducation et de nouveau outils.

Le médecin du travail: un médiateur

Voilà qui me permet d’appuyer la réflexion que je veux développer: la souffrance au travail est un symptôme, une plainte. Décrire ce que l’on vit, en identifier les conséquences, trouver des mots pour mieux préciser et classifier tout ce que l’on observe est fondamental pour s’alerter soi-même et alerter les autres, mais peut laisser aussi se développer une passivité observationnelle toxique. Il est certes utile d’avoir des mots pour se plaindre, mais construisons-nous une démarche résolutive en se limitant à cet exercice? Non. 
Exemple de définition observationnelle médicale de la souffrance au travail: «La souffrance au travail peut aller du simple malaise (remise en question de son orientation professionnelle) à la mise en danger de sa santé morale (harcèlement). Face à cela, le médecin du travail joue le rôle de médiateur entre l’entreprise et le salarié. Il peut, à la demande du salarié, et si la situation le justifie, établir un arrêt de travail.»
C’est comme dire: «J’ai le pneu avant droit qui s’use sur ma voiture. Il faut que je le change», et oublier d’en décrire la cause: «C’est un défaut de parallélisme».
A mes yeux donc, il est préférable de décrire les causes, d’énoncer les faits par des éléments décrivant l’origine des troubles. 
Un autre exemple: «Un chef me harcèle, il me dévalorise, je n’en dors plus, je me sens mal à mon poste» devient: «A six reprises sur ces derniers quinze jours, le chef du second service comptable m’a dit «Un escargot déshydraté avancerait plus vite que vous, je n’ai pas choisi de vous avoir comme secrétaire, vous êtes mollasse, quand allez-vous bouger? Faut-il que je vous dé-mollasse?» car il exige que je lui fournisse les tableaux d’amortissement que ma collègue, actuellement en congé maternité, n’avait pas eu le temps d’élaborer. Or, je suis toujours confrontée à la charge de travail de mon service, et je consacre l’intégralité de mon temps restant à la découverte des dossiers de ma collègue. Ces tableaux lui sont nécessaires pour la clôture de l’exercice comptable dans deux mois. J’estime pouvoir les produire dans un délai de deux à trois semaines. Ce chef, ne connaissant pas mon sérieux et ma capacité de travail, est probablement inquiet, il pense qu’en les exigeant il les obtiendra plus vite. Il se sentira alors en sécurité.»
Mais aujourd’hui la communication qu’il mène avec moi comporte de sa part des exigences irréalistes et improductives. A notre prochain entretien, je pourrai lui témoigner deux choses: d’une part ma compréhension de sa nécessité et de sa crainte, et d’autre part mon besoin de sérénité et de confiance pour être performante. Accueillir et nommer avec bienveillance sa vulnérabilité me permettront de créer du lien entre nous ce qui favorisera de sa part l’écoute de mes besoins. Nous pourrons alors développer une stratégie commune.»
Commentaire: Évidemment, c’est très idyllique comme propos, mais pas irréaliste ni irréalisable. Professionnellement, on serait en droit d’attendre cela du manager plus que de l’employée. Idéalement, des deux. Certains chefs d’entreprise ont réalisé ce challenge. Ils ont ouvert leur conscience et ont compris que l’homme n’est pas une ressource mais une finalité. Des formations de Communication Non-Violente ont été suivies par le personnel et la hiérarchie, aboutissant à un épanouissement de tous.

Identifier l’agression…

La souffrance au travail est une réalité, mais toute souffrance provient d’une agression. Je raisonnerai dès lors à partir de cette nouvelle vision: l’agression au travail.
Selon ma classification personnelle, l’agression au travail provient de trois domaines qui peuvent se cumuler et interagir entre eux par la voie de leurs conséquences: domaine physique, domaine physiologique, domaine psychologique.
J’entends par causes physiques d’agression: les charges matérielles manipulées (le poids), la sédentarité, l’ergonomie défaillante, la cadence de travail excessive, les objets contendants, l’exposition au froid, à la chaleur, à l’humidité, à la sécheresse, au vent, aux radiations, aux rayonnements lumineux, au bruit, aux allergènes, aux bactéries, aux virus, aux parasites, aux champignons, aux toxiques. Tous ces éléments agissent sur notre corps, directement, d’autant plus qu’il est inadapté à ces fonctions professionnelles (constitution insuffisante ou corps mal entretenu).
J’entends par causes physiologiques d’agression: les amplitudes horaires (longues), les décalages horaires (travail constant de nuit), les variations d’horaires (les trois huit), les rythmes alimentaires bouleversés (sources d’hypoglycémies avec leur cortège secondaire de troubles d’humeur ou de concentration et de troubles physiques), les erreurs alimentaires (excès et insuffisances), les carences en micronutriments, le manque de sommeil, l’excès de repos, le manque de luminosité, le tabac, l’alcool, les autres drogues ou dépendances.
J’entends par causes psychologiques d’agression: le manque de sens ou d’utilité du travail, les harcèlements moraux ou sexuels, le manque de valorisation, le manque de reconnaissance verbale ou pécuniaire, le manque de communication de qualité, le manque de capacité à gérer sa motivation ou ses émotions ou son estime personnelle, le manque de capacité à communiquer de manière constructive.

Pour en traiter les conséquences

Ces diverses causes s’entremêlent. Un manque de sommeil peut créer une compensation alimentaire sucrée qui provoque dans les deux heures une hypoglycémie réactionnelle qui ensuite diminue la tolérance au stress et laisse émerger une agressivité, orientant vers de mauvais choix alimentaires et perturbant le sommeil. La boucle est bouclée. Et la qualité de ce que j’offre au travail est faussée.
Donc, on peut soi-même se mettre en mauvaise condition physique, physiologique ou psychologique pour travailler. Nos collègues ou supérieurs peuvent faire les mêmes erreurs. L’effet miroir fonctionne alors en amplificateur. Quel que soit le point de départ, moi ou le/les autres, les réactions maladroites se succèdent. Un cumul d’incompétences crée rarement la vertu, plus facilement la médiocrité.

Petit mode d’emploi de la vie

Pour Christophe Dejours «Les stratégies collectives de défenses contribuent de façon décisive à la cohésion du collectif de travail, car travailler n’est pas seulement avoir une activité c’est aussi vivre: vivre le rapport à la contrainte, vivre ensemble, affronter la résistance au réel, construire ensemble le sens du travail, de la situation et de la souffrance».
L’origine de tout cela est encore antérieure: c’est le manque d’éducation à vivre. 
Le système d’éducation nationale est défaillant actuellement. Les familles le sont parfois aussi. Les médias le sont pleinement. 
A mes yeux, l’éducation d’un être humain (d’un enfant par des adultes, d’un adulte par d’autres adultes ou par lui-même) se définit ainsi:

Eduquer un être humain, c’est l’aider à:

– devenir autonome dans la gestion de son estime personnelle,
– percevoir sa zone de quiétude émotionnelle intérieure inébranlable (la sérénité spirituelle),
– comprendre comment communiquer avec les autres de manière constructive et bienveillante (à partir de cette zone de quiétude),
– connaître ses besoins nutritionnels et corporels

et en même temps, l’aider à:

– acquérir les capacités d’exploiter son environnement à son profit sans que cela ne se face au détriment d’autrui ou de la Nature.

L’éducation nationale enseigne et n’éduque pas. Elle enseigne des matières souvent stériles et provenant d’une perception archaïque de l’existence humaine à travers notre historique, sans laisser de place à un futur. Le passé est le chemin de l’expérience. Nos erreurs nous indiquent d’agir autrement. Cet autrement, à nous de l’imaginer. C’est pour cela que notre origine est notre futur. 
Ainsi, voici une liste de compétences contenues dans ce que je considère être «le petit mode d’emploi de la vie»:

Compétences physiques: assouplissements, activité cardio-pulmonaire d’endurance, activité pour développer la tonicité des muscles posturaux et des muscles moteurs, hygiène corporelle, ergonomie fonctionnelle

Compétences physiologiques: suppression des irritants (agents infectieux, allergisants, rayonnements (son, lumière, radiation), équilibre alimentaire (le bon aliment, en bonne quantité, au bon moment et de bonne humeur), entretient du système immunitaire, régularité des horaires de vie, bonne gestion du repos et du sommeil, utilisation de la luminothérapie, comblement des carences micro nutritionnelles (Fer, Vitamine D, Iode, Magnésium, Acides Gras Essentiels, Acides Aminés Essentiels, ...).

Compétences psychologiques: connaissance et pratique de la gestion de la motivation et de la gestion des émotions et de la gestion de l’estime personnelle, compréhension de l’origine des blocages dans l’enfance et connaissance des étapes pour s’en libérer, connaissance et pratique de la communication autour des sentiments et des besoins (avec les autres, en couple et avec soi -même), connaissance et pratique des cinq langages de l’amour, perception de la sérénité par la libération du conditionnement négatif des acteurs médiatiques. 
Il est évidemment nécessaire d’associer à ces compétences personnelles des compétences techniques professionnelles spécifiques. Ainsi, on pourra exercer son métier en pleine conscience, en tant qu’individu fonctionnel en rapport avec des individus eux aussi fonctionnels, en communion autour d’une activité productive, créatrice pour le genre humain.

Je suis ce que je pense

En résumé, le travail étant en fait inclus dans notre vie, nous y projetons nos maladresses qui deviennent des agressions envers nous-même ou envers les autres, et nous recevons des agressions par les maladresses des autres. Nous souffrons de nos incompétences à vivre sur le plan personnel (physiquement, physiologiquement, psychiquement) et nous y subissons les incompétences des autres à vivre leur personnalité, et aussi l’effet miroir de nos incompétences que nous exerçons sur eux.
On ne vit pas ce que l’on fait, on vit la manière dont on le fait. On le fait en fonction de ce que l’on est. Je suis ce que je pense! Penser, dans sa forme de raisonnement philosophique et spirituel, me fait «être». «Etre» a des besoins. Il est fondamental de déterminer ce que l’on veut «avoir» (en restant vigilant au contentement de ce que l’on a déjà et en quoi le nouveau participera à notre bonheur). Puis de «faire» pour l’obtenir. Donc, en partant de la qualité d’ «être», on peut définir quoi «avoir» et quoi «faire» pour l’obtenir, dans le contentement et la qualité de vie.

Le malheur provient du ressenti de la frustration de possession. On regarde le vide de ce que l’on n’a pas et on fait pour «avoir» en oubliant l’utilité à l’«être». Alors c’est «avoir» qui détermine ce que nous sommes et qui nous fait paraître (=«pas être»). Nos pensées (philosophiques ou spirituelles), devenues inutiles par l’éloignement de nos préoccupations et par l’oubli, nous déshabitent. Ainsi, on appauvrit l’esprit. Et on souffre. La souffrance de vie se retrouve alors au travail.
Pour aider quelqu’un en souffrance, nul besoin d’écouter l’intégralité de son discours. Son besoin d’expression est chronophage et une vidange totale est improductive. Il peut en ressentir un soulagement réel et cela s’impose souvent en première étape d’écoute. Mais il reste dans son manque d’habileté à se comprendre et à se soulager. En décryptant le récit, on repère les outils dont la personne a besoin pour avancer. Et à la première opportunité, après avoir validé son autorisation, on lui enseigne. J’appelle cela: partir du factuel pour monter au niveau éducatif conceptuel, puis redescendre analyser le factuel grâce au nouvel outil. Le factuel est mal vécu par manque de connaissance conceptuelle. De suite, le soulagement se produit.
Pour finir, j’observe que le pire dans la souffrance, c’est de l’évaluer en terme d’injustice. En psychologie, l’injustice se définit comme un mécanisme mental d’interprétation empêchant le processus de résolution personnel. La justesse des habiletés remplace favorablement l’évaluation prenant forme d’injustice.
Apportons-nous plus de douceur, ne serait-ce que pour montrer l’exemple. Identifions nos manques et mettons en oeuvre les compétences personnelles et relationnelles en pleine conscience de nos responsabilités. C’est un chemin de bonheur.

Bibliographie:

 

Bibliographie:

Le Sens du bonheur, Jiddu Krishnamurti

Editeur: Stock – Parution: 4 Janvier 2006

De l’éducation, Jiddu Krishnamurti

(11 mai 2011)

Elever nos enfants avec bienveillance, L’approche de la communication non violente

Marshall B. Rosenberg

Paru en 08/2007 – Editions Jouvence

La communication non-violente au quotidien

Marshall Rosenberg

Editions Jouvence

Maigrir avec la Nutrition Comportementale

éditions Thierry Souccar

Les 5 langages de l’amour, Gary Chapman

Editions Leduc

Le Sens du bonheur, Jiddu Krishnamurti
Editeur: Stock – Parution: 4 Janvier 2006

De l’éducation, Jiddu Krishnamurti
(11 mai 2011)

Elever nos enfants avec bienveillance, L’approche de la communication non violente
Marshall B. Rosenberg

Paru en 08/2007 – Editions Jouvence

La communication non-violente au quotidien

Marshall Rosenberg
Editions Jouvence

Maigrir avec la Nutrition Comportementale
éditions Thierry Souccar

Les 5 langages de l’amour, Gary Chapman
Editions Leduc