Un choc 
au plexus 
(chakras du coeur 
et solaire) 
avait ébranlé 
toute ma vie.
J’ai compris 
qu’avec «rien», simplement 
mes mains,
je pouvais agir. Mais ce «rien», c’était 
de l’énergie.

Anim’maux

ITINÉRAIRE D’UN VÉTO PAS ORDINAIRE!

Marc Legros paruAprès l’article de Marc Legros paru dans medi@me 3

(www.veterinairebuissondescaves.com), 
nous avons souhaité en savoir plus sur sa manière 
d’aborder la pathologie de l’animal. 
Nous voulions comprendre comment 
et pourquoi un vétérinaire, au parcours classique, 
s’était orienté vers la médecine énergétique 
dans sa pratique quotidienne.

MEDI@ME: Dans tout processus, quel qu’il soit, il existe un déclencheur, quel a été le vôtre?

Marc Legros: C’est un accident, la ruade d’un jeune taureau, à la veille de mes quarante ans, le jour de l’enterrement de François Mitterrand. J’avais effectué des tuberculinations sur de jeunes taureaux dans une ferme. Trois jours après, j’y suis retourné afin de contrôler les réactions. Ce jour-là a marqué le reste de ma vie. Dans la boue, les bouses et sous la pluie, je devais faire avancer les jeunes taureaux dans un couloir à l’aide d’une baguette. A un moment, le chien du fermier a voulu à sa manière - un coup de croc! - faire avancer l’animal devant moi. Le taureau a alors envoyé une soudaine et violente ruade qui m’a touché en plein plexus. Je suis resté KO, debout, sans pouvoir respirer, pendant quelques secondes. Puis, le réflexe de la respiration a de nouveau fonctionné, j’ai inspiré et la vie est revenue. Plus tard, le fermier, plein d’humour, m’a dit dans la voiture: «A l’heure actuelle, Mitterrand doit avoir de meilleures couleurs que vous!».
Un jour, tu remercieras... J’ai souvent répété: «J’ai eu mal trois jours et j’ai été mal trois ans». Ce choc au plexus (chakras du coeur et solaire) avait en fait ébranlé toute ma vie. Dans les jours qui ont suivi l’accident, un malaise grave m’a obligé à m’arrêter de travailler. Alors, durant toutes ces années, s’est installé le cortège de la dépression et du mal-être. C’est ce qui m’a permis, au travers de rencontres et de lectures, de m’ouvrir peu à peu à d’autres thérapeutiques. J’appelle ça mon clin d’oeil du destin! Je pense notamment à cette sculptrice, rencontrée lors d’un congrès d’homéopathie quelques mois plus tard, Ute Bauer. Cette artiste allemande sculptait les représentations des types de personnalité des remèdes. En effet, chaque remède homéopathique est en liaison avec un certain type de personnalité: on est Pulsatilla, Phosphorus, etc. Quand je lui ai raconté ce qui m’était arrivé, elle m’a dit: «Un jour, tu remercieras ce taureau d’avoir touché ton chakra».
Dis-moi où tu as mal... Jusque-là, je n’avais eu aucune approche particulière de la médecine énergétique et l’homéopathie, que j’utilisais déjà, était seulement une pratique médicamenteuse alternative. J’étais dans une mauvaise passe, ma vie personnelle et ma vie professionnelle, pour des raisons différentes, étaient en pleine crise, peut-être celle de la quarantaine. Je décidai de faire établir mon thème astral par une dame vivant près de Tonnerre. Ce fut, là aussi, une rencontre marquante. Elle me «prescrivit» la lecture de deux livres : le premier de Michel ODOUL «Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi» et le second «Message des hommes vrais au monde des mutants» (une initiation chez les aborigènes), de Marlo Morgan. A partir de ce moment-là, ma vie a complètement changé et ma médecine aussi. J’ai compris qu’avec «rien», simplement mes mains, je pouvais agir. Mais ce «rien» c’était de l’énergie. Je me suis aussi rendu compte de l’importance et de la force de la pensée dans le processus de guérison et je me suis tourné vers d’autres techniques thérapeutiques comme la pranathérapie, l’ostéopathie, etc.

M@: Qu’est-ce qui a motivé cette ouverture sur les médecines énergétiques?

ML: La réussite thérapeutique plutôt que l’échec. Avec l’homéopathie, je n’étais pas entièrement satisfait. J’améliorais le mal-être mais sans réussir totalement à le traiter. Quand quelque chose est «déglingué», ça l’est vraiment. Puis, un jour, je me suis inscrit à une formation d’ostéopathie. Parmi les enseignants, il y avait ceux qui étaient structurés, purs. Il y avait aussi des énergéticiens dont un qui m’a particulièrement intéressé et dont j’ai suivi les enseignements. Il préconisait, par exemple, de se mettre à distance de l’animal pour comprendre ce qui lui arrivait… Parmi les élèves, des ostéopathes équins venus chercher des recettes rapides et efficaces, il a créé un certain malaise. En revanche, c’est cette approche différente qui m’a le plus apporté et je l’ai progressivement maîtrisée.

M@: Vous posiez-vous des questions avant cet accident? Aviez-vous déjà des doutes sur votre pratique?

ML: Il est vrai que cet évènement a été le tournant de ma vie, mais je n’étais pas toujours satisfait de ma pratique vétérinaire. Tout jeune, comme je l’ai raconté dans le précédent article (medi@me n°3), j’avais été choqué par l’impuissance et le diagnostic d’échec d’un vétérinaire à propos d’un animal malade. Déjà, à ce moment-là, j’avais ressenti le besoin d’explorer d’autres voies possibles de compréhension du mal-être de l’animal et de sa devait résoudre pathologie. 
Rien, je ne donne rien! Souvent, les gens viennent consulter chez moi en désespoir de cause. Ils sont surpris de constater que ma manière de pratiquer est efficace et je suis satisfait de voir que, quand je m’intéresse à l’être, à son unicité, je peux avoir des résultats. Il faut bien comprendre que ce n’est pas la patte de Bobby ou le nez de Médor que je soigne, mais un être à part entière. Je prends surtout en compte le couple formé par le maître et l’animal. L’animal est, bien souvent, le révélateur du mal-être enfoui du maître. Quand on me demande: «Pour mon chien qui a mal au bout du nez, qu’est-ce que tu me donnes?» Je réponds: «Rien, je ne donne rien». Il est vrai que, par rapport aux autres vétérinaires, je suis un être à part. Je préconise d’aller au-delà du soin de l’animal, rétribué, et de penser que l’on vit avec des êtres reliés entre eux dans un monde d’énergies interactives. Mon expérience personnelle parmi les animaux domestiques m’a permis de constater que le chat me semble être le plus avancé sur une échelle subtile. J’appelle cela mon échelle du divin. Un chat n’a pas mal à la patte, il est mal tout court. Je suis intimement persuadé qu’avec cette capacité à ressentir ce qu’éprouve son maître, le chat est très évolué. Il existe de tels liens entre la pathologie déclarée et la relation maître-animal que, dans ce cas, je commence l’interrogatoire par le maître. Cela existe aussi chez le cheval, moins chez le chien. Je l’ai constaté dans ma pratique et j’en suis persuadé, dans certains cas, le chat vient sauver son maître au détriment de lui-même. Il est dans la pensée de son maître qui va mal. Quel est le plus grand amour que de donner sa vie pour celui qu’on aime? C’est au-delà de l’animalité, c’est divin.

Marc LegrosM@: On peut alors se poser la question suivante: dans le processus de guérison, qui guérit?

ML: Soi-même, grâce à l’énergie qui vient d’en haut et qui va provoquer un déclic. Le thérapeute joue le rôle du déclic, il est l’élément déclencheur. Je suis convaincu que ma parole et mes mains sont des instruments au service de la guérison mais sans l’aide d’énergies supérieures, rien ne serait possible. C’est le maître qui détient la clé. Il m’est arrivé de dire à quelqu’un: «Pourquoi voulez-vous que votre animal aille mieux, puisque vous n’avez rien changé dans votre vie?». Cela met en évidence tout le cycle des maladies idiopathiques, appelées autrefois psychosomatiques, qui minent autant les animaux que leurs maîtres. Les maîtres parviennent plus ou moins bien à cacher de lourds secrets, aux autres, parfois à eux-mêmes mais pas à leur animal. Ça ne fonctionne pas. Leur intuition est si développée qu’ils ressentent intensément ce poids sur le coeur (le chakra). Ils sont si sensibles à la psyché profonde du maître qu’ils expriment son mal-être en de nombreuses maladies (le mal a dit). Michel ODOUL nous dit ceci: «Savoir où ils ont mal pour trouver pourquoi le maître va mal». Malheureusement, le maître refuse souvent d’accomplir des changements dans sa propre vie car les dommages collatéraux que ce changement entraîne sont quelquefois perçus comme trop violents et ne peuvent être acceptés. Pourtant, quand le maître comprend et agit sur lui-même, l’amélioration est instantanée et c’est une telle source de libération et de bien-être, pour l’animal, le maître et l’environnement proche, que cela en vaut vraiment la peine d’essayer!

M@: Quelle explication pouvez-vous donner à un échec ou une résistance à la guérison?

ML: Toutes les problématiques ne trouvent pas obligatoirement de solution, certaines sont trop lourdes à assumer pour le maître et pour l’animal. Quand je vois un animal dont la maladie récidive et le conduit à la mort, je ne peux que constater. Il existe des secrets si lourds à porter que les personnes ne peuvent se confier qu’à des thérapeutes spécialisés. Quand un maître amène son animal en consultation – mais ne devrait-on pas dire quand un animal malade amène son maître en consultation -, ce dernier est inquiet, envahi par des peurs et pas forcément ouvert à une approche énergétique du soin. En général, parlant de son animal domestique, il me prévient: «Vous allez voir, il est stressé, agressif, on ne peut pas le prendre dans les bras, etc.». Je reçois beaucoup de chats en consultation. Ce ne sont pas des rebelles mais, comme je l’ai déjà dit, ils sont hypersensibles. Quand je les sors de leur cage de transport afin de les mettre sur ma table d’auscultation, ils entrent dans ma sphère d’énergie. C’est magique car juste avec mes mains, des paroles apaisantes et quelques soins énergétiques, ils commencent à se détendre et curieusement, leur maître en fait autant. Ensuite, le dialogue peut commencer. Les gens n’en reviennent pas, je n’ai jamais eu de morsures. Quand le chat est vraiment très atteint, très agressif, je lui prodigue quelques soins à travers la cage et je le garde à la clinique. Ainsi, tout en m’occupant de lui, je lui laisse du temps. Cette séparation d’avec la cause de ses perturbations est nécessaire. Le maître voit que, sans médication particulière et quelquefois de façon spectaculaire, le chat se porte mieux ce qui peut provoquer le déclic qui libèrera une compréhension chez lui. Quelquefois aussi, ce processus nécessite davantage de temps et de soins.

M@: Voyez-vous une évolution dans la prise en charge des animaux domestiques ces dernières années?

ML: Certainement. Pour nous, vétérinaires, il y a 40 ans, nous soignions principalement des animaux de ferme. Ils avaient une utilité, un travail, et devaient être soignés pour être capables de l’exécuter: les chevaux pour le labour, les chiens pour la chasse ou les troupeaux, les chats pour manger les souris et les rats dans les greniers! Les animaux de compagnie existaient peu dans les campagnes. Quand la rage est apparue et a été prise en compte, les propriétaires de chiens ont été obligés de les faire vacciner. Ils se sont alors rendus compte que médicaliser, c’était s’occuper de leurs animaux, prendre soin d’eux. Peu à peu, leur regard a changé. Je me souviens, au début de ma carrière, j’ai vu un fermier amener un chat très abîmé par une machine, pour le faire soigner. Autrefois, on l’aurait achevé d’un coup de fusil. Mon patron m’a fait remarquer: «Le monde est en train de changer!». Maintenant, les animaux investissent de plus en plus la sphère intime de leur maître. Ils rentrent dans la maison, sont plus petits pour être transportés partout et vivent de plus en plus dans l’intimité de la famille. Les maîtres sont bien davantage attentifs au bien-être de leur animal. Les interrelations sont plus importantes, chacun vivant ou ressentant la vie de l’autre.

M@: En conclusion, vous arrive-t-il de parler aux animaux, d’avoir des «conversations»?

ML: (rires !) Non pas encore! Je ressens plutôt les réponses, quand j’approche la réalité de ce qui se passe, je reçois alors des regards qui me disent: «Merci, tu m’as compris et tu vas enfin me libérer». Il est évident aussi que je parle en pensée à l’animal. Je connais la force de la pensée et je fais passer des messages. Le chat semble toujours être le plus réceptif, comme s’il comprenait que je prends en compte ce qu’il exprime dans sa pathologie. Il secoue la tête et évacue les mauvaises énergies accumulées. C’est intuitif de part et d’autre. L’animal est authentique dans son fonctionnement, il ressent le véritable problème de son maître et sa souffrance. Il ne s’attache pas aux fausses bonnes raisons données (travail, stress, fatigue etc.) mais au problème racine qui resurgit sous ses différentes formes. Les gens essaient souvent de “noyer le poisson” (rires), mais l’animal ne s’y trompe pas car il ressent intensément le véritable problème enfoui. Aux maîtres responsables de découvrir et d’accepter qu’un thérapeute leur fasse découvrir cette raison première, même si cela doit entraîner quelques inconvénients auxquels il faut faire face avant d’en recueillir tous les bienfaits! Tout cela fonctionne naturellement. Pour le thérapeute, il suffit simplement d’être à l’écoute, d’être dans cette dimension d’amour qui appelle tous les talents, qui déclenche les intuitions, les compréhensions. Il faut être dans la présence.